La Halle Saint Pierre à Montmartre

On croit connaître Montmartre parce qu’on a déjà gravi les marches du Sacré-Cœur, traversé la place du Tertre ou descendu la rue des Abbesses. Pourtant, la Butte se révèle surtout lorsqu’on cesse de regarder ses monuments pour observer ses détails insolites.

Une statue que l’on ne remarque qu’en entrant dans un square, une ancienne trace de l’histoire religieuse de la Butte, un escalier qui n’est pas vraiment une rue, un élément architectural perdu au milieu d’une façade…

Voici 10 détails remarquables à regarder la prochaine fois que vous vous promènerez à Montmartre.

Au sommaire : 

1. La statue de Saint-Denis qui tient… sa propre tête

Localité : Square Suzanne-Buisson

C’est probablement l’un des détails les plus étonnants de la Butte.

Au cœur du square Suzanne-Buisson se trouve une statue de Saint-Denis portant sa tête dans ses mains. Elle fait référence à la légende selon laquelle le premier évêque de Paris aurait continué sa route après son martyre, jusqu’au lieu correspondant à l’actuelle basilique de Saint-Denis.

Mais le détail intéressant est l’endroit où se trouve la statue : la fontaine qu’elle surmonte rappelle une ancienne source associée à cette légende. La source se serait tarie au début du XIXe siècle après un effondrement souterrain.

À observer : en arrivant dans le square, cherchez la statue dans le prolongement des terrains de pétanque plutôt que de traverser simplement le jardin.

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2. La « rue » Foyatier n’est pas vraiment une rue

Localité : Escaliers de la rue Foyatier

Vous l’avez probablement déjà empruntée sans vous poser la question : la rue Foyatier est essentiellement un immense escalier.

Elle compte 222 marches, réparties en neuf sections. Et juste à côté, le funiculaire permet de monter sans les gravir.

Le détail amusant : la rue porte bien le nom de « rue », alors que sa partie la plus célèbre est constituée uniquement de marches.

Petit défi : la prochaine fois, essayez de compter les paliers plutôt que les marches. C’est nettement moins fatigant.

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3. À Abbesses, vous êtes beaucoup plus profond que vous ne le pensez

Localité : Station Abbesses

La station Abbesses est connue pour son entrée Art nouveau et son panneau « METROPOLITAIN ».

Mais il y a un détail que beaucoup de voyageurs ignorent : Abbesses est la station la plus profonde du réseau parisien, avec des quais situés à environ 36 mètres sous le niveau de la rue.

La station a été mise en service en 1912 sur l’actuelle ligne 12, alors exploitée par la compagnie Nord-Sud. La RATP indique également que les escaliers sont décorés depuis 1984 et ont reçu de nouvelles œuvres lors de la rénovation de 2007.

À regarder : admirer les photos du qurtier dans les escaliers (plus facile à la descente qu’à la montée) plutôt que de simplement prendre l’ascenseur.

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4. Le chat de la Villa Léandre

Localité : Villa Léandre

Oui, chez Montmartre Connect on adore les chats et celui-là mérite sa place.

À la Villa Léandre, le numéro 13 possède un petit élément décoratif particulièrement facile à manquer : un chat perché au-dessus de l’entrée, accompagné de décors en céramique et en terre cuite.

La plupart des visiteurs photographient l’ensemble de la Villa Léandre, mais beaucoup ne regardent pas les façades maison par maison.

Le bon réflexe : à Montmartre, ne regardez pas seulement les rues. Regardez les façades, les dessus de portes, vous-y trouverez des surprises.

5. Le château des Brouillards n’est pas seulement une jolie maison

Localité : rue Girardon

Depuis le square Suzanne-Buisson, on peut raconter une histoire beaucoup plus ancienne que celle du Montmartre des artistes.

Le secteur était autrefois occupé par un jardin colonial appartenant à Godefroy Lebeuf, avant qu’une « folie » soit construite en 1772 par le marquis Le Franc de Pompignan : le fameux château des Brouillards.

Le nom lui-même serait lié aux brumes et à l’humidité associées à une source présente dans ce secteur. D’autres estiment que le brouillard correspond à l’état des artistes qui y vivaient car d’anciens pressoirs à vin se trouvaient sur le site.

Le détail à retenir : quand vous passez devant le château, imaginez le secteur avant les rues, les immeubles et les touristes : on était encore dans un paysage de jardins, de vignes et de moulins.

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6. « Abbesses », une histoire bien plus ancienne que le métro

Localité : Place des Abbesses

La place et la rue des Abbesses ne doivent évidemment pas leur nom à la station de métro.

La voie était déjà un chemin champêtre au XVe siècle et longeait les dépendances de l’abbaye de Montmartre. La station de métro n’arrive que beaucoup plus tard, en 1912.

Et « les Abbesses » fait référence aux femmes qui dirigeaient l’abbaye de Montmartre.

À regarder : la prochaine fois que vous traversez la place, pensez à ce que représentait cette partie de la Butte avant son intégration à Paris.

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7. La mosaïque du Sacré-Cœur

Localité : Basilique du Sacré-Cœur

On connaît tous le Sacré-Cœur. Beaucoup moins de visiteurs prennent le temps de regarder ce qu’il y a au-dessus de leur tête.

Dans le chœur se trouve la monumentale mosaïque du Christ en gloire, réalisée entre 1918 et 1922 et inaugurée en 1923. Elle couvre environ 475 m² et compte quelque 25 000 tesselles émaillées.

Observez la partie inferieurs de la mosaïques, on y trouve notamment des papes et une représentation de la basilique elle-même.

Défi : combien de personnages pouvez-vous identifier sans regarder une explication ?

8. La rue des Saules raconte encore le Montmartre des petits métiers

Localité : Rue des Saules

Tout le monde connaît le Lapin Agile à l’angle de la rue des Saule. Mais regardez les anciennes photographies de la rue : le décor rappelle un Montmartre très différent de celui d’aujourd’hui.

Une photographie conservée par le musée Carnavalet montre notamment devant le cabaret un porteur d’eau et un balayeur, témoins de ces petits métiers qui appartenaient au paysage quotidien de la Butte. Voir la photo d’époque.

9. Regardez les noms des rues : certains racontent un Montmartre disparu

Plusieurs noms de rues gardent la trace de paysages ou d’activités qui ont disparu : moulins, vignes, religieux, artistes…

Par exemple, la rue des Abbesses conserve la mémoire de l’ancienne abbaye, tandis que la toponymie autour de la Butte rappelle régulièrement son ancien paysage rural.

Avant de marcher dans une rue de Montmartre, regardez son nom et demandez-vous : pourquoi s’appelle-t-elle comme ça ?

 

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10. Les façades de Montmartre racontent parfois une histoire différente de celle de la rue

À Montmartre, il faut lever les yeux.

Les façades peuvent conserver :

  • des décors en céramique ;
  • des ferronneries ;
  • des enseignes anciennes ;
  • des sculptures ;
  • des éléments Art nouveau ou Art déco ;
  • des détails liés à l’histoire de l’immeuble.

La Villa Léandre en fournit un très bon exemple, avec ses différents décors de façade. Mais, partout se la butte, vous pourrez découvrir des éléments, parfois peu visibles, mais qui racontent l’histoire d’un temps passé.

Plus moderne, le street art occupe de l’espace sur de nombreuses façades montmartroises, parfois discrètement, avec goût, parfois moins, chacun peut s’en faire sa propre opinion en se baladant sur la butte.

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La prochaine fois que vous montez sur la Butte, ne cherchez pas uniquement les monuments emblématiques. Regardez les portes, les plaques, les façades, les escaliers et les petits éléments qui racontent l’histoire du quartier.

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